Spa 2026. Promenade dominicale
Francofolies de Spa, 26 juillet 2026
Deuxième et dernier jour aux Francos de Spa. Une journée dominicale traditionnel-lement plus familiale. Les têtes d’affiche sur la grande scène – que nous ne verrons pas – sont d’ailleurs dans cette lignée : Matt Pokora et Héléna. Nul doute que l’assistance a été composée pour une très grande part de pré-ados accompagnés de leurs parents. J’aime penser aux étoiles dans les yeux de tous ces jeunes dont c’était certainement la première expérience de concert…
Pour ma part, l’escapade spadoise se limite au Parc francofou, pour une éclectique série de concerts.
La première à ouvrir le bal nous vient de Bruxelles et se nomme Camille Yembe. Du haut de ses 29 ans, elle vient défendre son premier album paru il y a quelques mois, intitulé Jeune & laide. De la chanson à grosse charge émotionnelle et personnelle, où elle exorcise une jeunesse difficile et se libère de son mal-être. Très à l’aise sur les planches, sa manière de chanter et sa sensibilité à fleur de peau n’est pas sans évoquer Hoshi. Toutefois, si la sincérité du projet ne peut être mise en cause, on regrette que ce soit sous la forme d’une pop déjà entendue mille fois.
C’est une vétérane qui lui succède sur la même scène, entourée d’une armada de huit musiciens/choristes. L’occasion pour Axelle Red de se rappeler au souvenir de tous et démontrer qu’elle en a toujours sous le capot. Son big band assure le show haut la main et la chanteuse a gardé toute sa puissance vocale (on n’en dira pas autant de son élocution, qui nous a paru défaillante à maintes reprises). Un concert musicalement du feu de dieu qui passe en revue tous ses succès (Rouge ardent, Le monde tourne mal, Elle danse seule, Manhattan-Kaboul…) et se termine en apothéose par son célèbre Sensualité, repris en chœur par un public aux anges. Le nouvel album qu’elle nous annonce pour la rentrée sera-t-il l’occasion d’un regain de popularité ? On ne peut que le souhaiter à notre rousse préférée.
C’est une très belle découverte qui nous attendait ensuite. Il a 31 ans et se nomme Léman (comme le lac, nous précise-t-il). Avec un look de sage étudiant en droit, il nous a dévoilé les chansons de son premier album, Adieu Musique. Des titres pop-rock bien tournés, invoquant des sujet graves (l’alcoolisme d’un père dans On attend, le réconfort d’une mère dans On est plein), versant dans un humour noir de bon aloi (JVQTSM, que l’on doit traduire par « Je voudrais que tu sois mort »), s’adonnant à la colère sociale (Les plus bornés), abordant la rupture sentimentale sous un angle original (Le chat). Entouré d’une claviériste et d’un batteur, s’accompagnant à la guitare, le jeune auteur-compositeur nous a séduit par sa sobre assurance, son chant maîtrisé et varié, ses ambiances musicales mêlées. Il achève son set par son succès du moment, Les étoiles, jolie et sensible chanson libre d’interprétation (parle-t-il du deuil ou de la nostalgie d’une enfance commune ?). Si les choses se déroulent comme il faut face à un talent évident et une personnalité marquante, l’artiste devrait devenir grand. Il a en tous cas tous les atouts en mains.
La chanteuse qui a suivi n’a pas eu de chance. Une intruse s’est invitée à la fête, sans que personne ne l’y ait conviée, telle Maléfice dans la Belle au Bois dormant : c’est en effet sous une pluie battante que Marine a dû nous offrir son spectacle ! Devant quelqu’un qui débarque avec l’étiquette « Star Academy » (c’est la gagnante de l’édition 2024), il est de bon ton de marquer un certain scepticisme sur les qualités artistiques du candidat aux applaudissements. En l’occurrence, mes doutes ont pourtant été balayés assez vite. Non, je ne suis pas resté bouche bée devant la qualité du répertoire que j’ai pu découvrir (des chansons pop-rock sentimentales pour la plupart). Mais oui, j’ai été séduit par la personnalité de l’artiste, par ailleurs compositrice de ses chansons, d’une sincérité totale, d’une spontanéité contagieuse, d’une sympathie immédiate, d’un esprit tellement proche de celui des Belges (elle est originaire du Nord, logique !). Puisse-t-elle ne pas être un feu éphémère, comme tant d’autres chanteurs et chanteuses issus de ces émissions annuelles. Tant qu’à célébrer une Marine qui nous vient de France, plutôt celle-ci que la (peut-être) future présidente…
J’ai terminé mon dimanche avec un artiste du même sérail, puisque Charles Doré était l’autre finaliste de la Star Ac 2024, sorti vaincu par la Marine qui l’a précédé. Sa prestation était loin d’être désagréable : l’homme est affable et souriant, chante très bien (avec des accents de Jean-Jacques Goldman), a le look d’un beau-fils idéal qui devrait lui permettre de conquérir un public féminin sans trop de problème. Il serait bon toutefois qu’il apprenne à se maîtriser un peu (dieu qu’il a la bougeotte !) et qu’il étoffe son répertoire, qui m’a paru trop consensuel pour être honnête. Il n’a toutefois que 20 ans, il serait injuste d’avoir déjà un avis tranché et définitif. Laissons-lui le temps, rien ne presse.
Le site des Francofolies de Spa, avec le programme complet, c’est ici.
La page facebook de Camille Yembe, c’est ici.
La page facebook d’Axelle Red, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit d’elle, c’est là.
La page facebook de Léman, c’est ici.
Le site de Marine, c’est ici .
La page facebook de Charles Doré, c’est ici.
Camille Yembe, « Coups de soleil », 2025 
Axelle Red, « Rouge ardent », 2013 
Léman, « Les étoiles » à Nîmes, 2025 
Marine « Escroc », 2026 
Charles Doré « Je pars mais je reste », 2025 







Commentaires récents