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Ȼôme : la métamorphose de Pierrick Vivarès

Come« Point Némø”, le 1er album de ?ôme » lit-on dans le prière d’insérer. Difficile pour nous qui nous faisons une règle de suivre la chanson et les artistes dans la durée de ne pas parler ici ­­­­de Pierrick Vivarès, alors que le nom sur la pochette est celui de ?ôme. Difficile d’oublier un premier album, puis un EP, que nous avions jadis chroniqué. Car c’est désormais son nom, ce ?ôme, avec cette fantaisie typographique qui en barre le C, non l’accès, que nous suivrons les aventures, voyages et questionnements de cet artiste lyonnais.

Plus que le nom, censé marquer le passage en trio (plus sûrement se permettre l’accès à des scènes que rien que l’évocation du mot « chanson » rebute), l’art de Pierrick sembler changer aussi, muter. Cet album est nimbé dans un pop-rock de fort belle facture. Légère réorientation d’ailleurs quand on sait ce que l’artiste faisait et dégageait déjà sur scène, où cette tentation musicale se faisait sentir. Une pop très agréable, qui tout de même se coule dans un moule un peu réducteur, formaté. Les nappes de notes nimbent les textes, et font parfois écran. C’est quand la musique se fait plus discrète, comme dans ce très beau Deux corps, que la force du propos s’impose.

Car il y a, par bonheur, toujours cette belle écriture de Pierrick Vivarès, que nombre de ses collègues pourraient lui envier, si bien servie par une interprétation toujours juste, faite de pleins et de déliés. D’une voix plus maîtrisée encore, où la douceur fait jeu égal avec la fermeté. Il y a ici des titres qui d’emblée entrent en écho avec nous, question de fréquence. Ainsi Aphone (ci-dessous en vidéo), paradoxalement fait à sa voix. Et à nos oreilles.

L’idée de cet album, est d’être seul, loin, pour au final mieux se retrouver. C’est le « point Némo », naguère décrété par le capitaine Némo, du Nautilus, en référence au pôle maritime d’inaccessibilité : le point de l’océan le plus éloigné de toute terre émergée… De l’idée de ce point découle tout cet album, qui s’écoute d’une traite tant il est agréable (même si, rançon de cette pop-rock, il faut parfois tendre l’oreille). C’est une confrontation avec soi-même, une immersion, rapport à soi, rapport aux autres. En quelque sorte une invitation à se chercher, à se ressaisir, à faire « rugir enfin le lion qui est en toi / [faire] jaillir enfin le feu qui est en toi », en tout cas « entamer le processus ». Un album qu’on peut écouter souvent. Et méditer longuement. Il y aurait parfois des disques d’utilité publique : celui-ci en est un.

 

?ôme, Point Némø, LSDH éditions 2018. Le site de ?ôme, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de Pierrick Vivarès, c’est ici.

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