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Mouhet 2026. Pauline Roth, au cœur d’elle

Pauline Roth à Mouhet (photo Didier Kovacs)

Pauline Roth à Mouhet (photo Didier Kovacs)

23 mai 2026, Festiv’en Marche, Mouhet (Indre),

 

Programmation très féminine, disions-nous, pour cette édition 2026 du Festiv’en Marche. La forte impression laissée par la prestation d’Agnès Bihl ne saurait nous faire oublier la première partie de cette soirée assurée par Pauline Roth, chanteuse nourrie de nombre de formations musicales aux influences diverses avant de se lancer, il y a dix ans, d’abord dans un duo (baptisé Le Serpent et le Papillon) et, depuis quatre ans, en solo, parfois dans un remarquable récital « Barbara », souvent avec ses propres chansons dans son spectacle Katharsis. Sous la plume de Franck Halimi, NosEnchanteurs a déjà évoqué ces deux répertoires (lire ici). C’est dans un extrait de ce Katharsis (terme dont la définition est « nettoyer, purifier, purger ») qu’elle se présente sur la scène de Mouhet, accompagnée de sa pianiste, Nolween Tanay.

L’heure des mots a sonné. Les mots comme autant de petits cailloux déposés le long des routes, « les mots dans le corps et le cœur en mille morceaux ».

Dans cette sélection, parfois subtilement aux frontières de la chanson et du slam, d’un ton sentencieux, grave, suppliant même, des mots d’amour, Pauline s’impose naturellement. « C’est quoi l’amour ? / Est-ce que tu le sais, toi ? / C’est quand la haine fait un détour ». Et le récital se déroule, maîtrisé, impeccable, fluide, captivant.

« De l’ombre à la lumière » est-il écrit sur le programme en guise de présentation. Hauts et heurts de la vie, résilience, sororité. Et l’amour donc, dans tous ses états. Elle pose son regard et ses mots, avec délicatesse, sur des situations bien différentes. Prenantes, touchantes. Il y a un peu de Lemay en elle, qui peut nous mouiller les yeux. Dans ce Maman, au moment précis de l’adieu : « Va falloir / Que je réussisse cette fois vraiment / À être grande… ». Dans cette chanson sur son petit, son Ravioli comme elle le nomme : « T’as éloigné mon superflu / Et le sommeil loin de mes nuits… » Presque une berceuse, ça devrait l’endormir. Le tendre, l’émouvant. Le grave aussi : Les P’tits loups explore notre monde de manipulations. Étrange et menaçante chanson d’ailleurs que celle-ci : chez Perret Mon p’tit loup est la victime ; chez Roth Les P’tits loups, nettement plus âgés et faussement pudibonds, sont les prédateurs, qui « haïssent les marmots mignons ». Chanson d’actualité à une époque où la lumière se fait enfin sur de tels crimes, où la société demande des comptes.

Ça et d’autres chansons encore. Indiscutablement une belle et forte présence, le genre de prestation dont retient le contenu et le nom de l’interprète. D’autant que la complicité de celle-ci ne s’exerce pas qu’avec sa pianiste, mais avec le public. Sincérité qui touche autant que ses mots, ses vers.

Certes, la version présentée s’inscrit dans une première partie, au timing bien trop serré. Mais quarante minutes, c’est suffisant pour s’en faire une idée et furieusement donner envie d’en connaître, d’en savourer bien plus. D’entrer plus encore et plus loin dans son univers féminin, féministe, fait de questionnements, de doutes, de tendresses et de combats.

 

Le site de Pauline Roth, c’est ici. ►Pauline Roth se produira le 26 juillet au festival Barjac m’enchante.

 

« Les Mots » : Image de prévisualisation YouTube

« Maman » : Image de prévisualisation YouTube

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