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Grand Corps Malade au chœur de femmes

Grand Corps Malade (photo non créditée)

Grand Corps Malade (photo non créditée)

N’est pas Ferrat qui veut qui a imposé ses convictions avec le titre La femme est l’avenir de l’homme. Sur ses lointaines traces et un zeste d’engagement tranquille voilà que Grand Corps Malade, slameur, réalisateur, auteur, militant associatif, offre un album de duos avec des voix féminines. Pour qu’on les entende encore mieux alors que rien n’est encore jamais gagné en matière d’égalité hommes-femmes. La voix grave du chroniqueur de nos contemporaines humeurs donne très justement la réplique à ses invitées, en leur laissant toute la place nécessaire.

Mesdames se veut une forme d’hommage. Dans son album précédent Grand Corps Malade (Fabien Marsaud à la ville) avait déjà évoqué sa tendre reconnaissance à sa femme dans le titre Dimanche soir : « Parfois elle aime mes mots mais cette fois c’est elle que mes mots aiment / Et sur ce coup- là c’est elle qui a trouvé le plus beau thème ». Dans son texte d’ouverture du nouvel album, Grand Corps Malade évoque quelques figures au fronton de son discographique Panthéon (Simone Veil, Marie Curie, Rosa Parks, Angela Davis). Nouveau, mais pas pour celui qui avait également écrit pour Céline Dion (L’étoile).

Voilà que l’enfant de Saint-Denis s’inquiète d’une sorte de réparation en riposte au machisme persistant. Du tardif droit de vote des femmes en France (1945) au récent droit d’avoir un compte en banque (1965), tout étonne cet homme de 43 ans. Non sans reconnaître, lui l’adepte de la vanne entre copains et des terrains de sport, ses propres limites anciennes en matière de comportements au quotidien. En artisan du verbe, foisonnant, Grand Corps Malade a donc écrit des titres sur mesure pour ses interprètes issues de plusieurs générations d’artistes femmes. De Véronique Sanson à Manon, jeune fille repérée lors d’un concours de slam.

MesdamesDu sombre au moins préoccupé les mots font leur chemin. Avec des réussites. Comme dans Pendant 24 heures en duo avec Suzane, bien connue des fidèles de NosEnchanteurs. Grand Corps Malade a imaginé qu’un homme et une femme échangent leurs vies. Pas évident d’éviter les clichés en se mettant dans la peau de l’une ou de l’autre. « Vivre cette chance pendant 24 heures et découvrir l’enfer du décor ! ». Changement de décor avec Enfants du désordre, en duo avec Alicia, qui plonge en périphéries, dans la ligne de La vie scolaire, un film sorti en 2019 réalisé par Grand Corps Malade en banlieue. Quant au duo avec l’humoriste et chanteuse Camille Lellouche, Mais je t’aime, la chanson écrite à quatre mains s’est imposée par sa justesse fragilisée et son émotion dans la bande-son de cet été de sortie de confinement. Enfin, Une sœur avec Véronique Sanson entrera assurément dans l’album de famille des sentiments partagés.

L’album (le septième de Grand Corps Malade) mis en musique par le producteur et DJ franco-suisse de musiques électroniques Mosimann offre une palette de couleurs musicales différentes évitant le risque de la répétition. Dans la lignée de la définition du mot « slam » (claquer la porte), Grand Corps Malade réussit donc à faire réagir. C’est déjà çà.

 

Grand Corps Malade, Mesdames, Anouche Productions/Caroline 2020. Le site de Grand Corps Malade, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a dit de lui, c’est là.

« Pendant 24 heures » avec Suzane : Image de prévisualisation YouTube

« Une soeur » avec Véronique Sanson : Image de prévisualisation YouTube

« Mais je t’aime » avec Camille Lellouche : Image de prévisualisation YouTube

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