HK, l’étincelle et la flamme
HK (photo Vincent Capraro)
« Nous sommes la mauvaise herbe / À la mauvaise réputation / Sommes-nous vraiment le problème / Ou sommes-nous la solution ? » Et de poursuivre en prenant pour refrain le titre d’une chanson du groupe chilien Quilapayun : Un peuple uni ne sera jamais vaincu (El pueblo unido jamás será vencido), écrite en 1973, en soutien à Salvador Allende, peu avant avant le coup d’État au Chili). Reprendre ce slogan, le faire chanter à ses prochains concerts, fait un habile parallèle entre l’extrême-droite ici redoutée et la junte de Pinochet dont on sait les multiples ravages.
On connaît Kaddour Hadadi, on le connaît plus encore par ses initiales, HK, avec ou sans ses Saltimbanks. Même s’il est toujours préférable de le voir en scène, où chacun de ses concerts est une fête à nulle autre pareille, pas que musicale et chansonnière mais aussi et à l’évidence politique, chacune de ses livraisons discographiques reste un événement. Un bonheur.
Sa cuvée 2026 est une fois de plus généreuse : dix-huit titres denses et festifs, faisant du nécessaire combat politique un grand moment de joie.
Nous sommes à l’aube d’une présidentielle dont le résultat peut précipiter notre pays dans la honte et l’effroi, dans un monde où, plus encore que maintenant, il nous faudra nous battre au quotidien pour tenter de sauver nos liberté, égalité, culture et vivre ensemble. Ce disque d’HK, son huitième album studio, est celui d’avant l’échéance, la dernière semonce, l’ultime avertissement : « Ils paradent par centaines / Le visage à découvert / Enchaînent les slogans obscènes / Pour eux tous les feux sont au vert / Ils tendent haut le bras / Dans l’air du temps nauséabond / Oh non, ne leur pardonnez pas / Car ils savent très bien ce qu’ils font ».
Dix-huit titres donc, dix-huit avertissements, autant de vaccins contre la Propagande (« Par toutes les voies de presse / Ils propagent, ils progressent… »). Le propos est grave mais le chant d’HK n’est pas, n’a jamais été résignation, bien au contraire. Ce chant est toujours séduisant, dansant, virevoltant (n’est-ce pas lui qui chante Danser encore…). Et combatif comme il se doit.
Toutes ces chansons se prêtent au chant choral, au partage, à la propagation comme le feraient un virus ou une invasion de sauterelles. Comme si, dès l’écriture, elles s’étaient destinées à être emparées par le peuple, en salle peut-être, plus sûrement dans la rue, derrière et devant les barricades à dresser. A s’ajouter aux plus belles chansons révolutionnaires et aux précédents titres d’HK, comme On lâche rien. Ce disque est une nouvelle cartouchière, avec dix-huit balles, des belles, des pacifistes. « Ce que nous avons semé / Nos joies, nos rêves et nos désirs / Aucune arme, aucune armée / Ne saurait comment s’en saisir ».
« Notre maison, démocratie / Notre horizon, démocratie / Notre raison, démocratie / On se bat pour la démocratie ». Kaddour Hadadi ne tacle pas que les actuels favoris des sondages ; il nous rappelle aussi à ceux qui nous gouvernent, qui ont il y a peu volé le résultat d’un scrutin. Si C’est un beau pays, HK nous rappelle aussi qu’on y dort toujours dans la rue. Et quant à la corruption des politiciens…
A écouter ce nouvel opus, on aimerait qu’il circule le plus possible, que ses chansons animent les combats. Comme les médias le passeront sous silence, faites le connaître, diffusez-le, chantez-le. Il s’ajoute agréablement à notre trousse de secours.
HK, Le Cœur au vent, L’Épicerie des poètes/Irfan (le label) 2026. Le site d’HK c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là. Le 10 juillet 2026 au Festival Jean-Ferrat à Antraigues-sur-Volane ; du 13 au 16 juillet 2026 au festival off d’Avignon.



Commentaires récents