Marina Vlady « Les pleurs de Maria »

- (…) Par les prés je foulerai le sentier égaré,
Et je tresserai pour moi la couronne des mariées,
Ma natte de fiancée flotte jusqu’à mes pieds.
Toujours, je la garderai pour mon bien-aimé.
On saisira mon anneau dans la coupe blanche,
La ronde tourbillonnera, gorgée de mélancolie !
Que la prophétie en réalité se change !
Et qu’un jour de printemps revienne mon promis ! (…)
Traduction française de Jean-Jacques Marie, historien, 1989
Marina Vlady (10 mai 1938 – 24 septembre 2026)
Paroles et Musique Vladimir Vyssotski. Песня Марьи, extrait de l’album « Владимир Высоцкий / Марина Влади », 1987
Ce vinyle enregistré en 1974 en URSS est sorti après le décès de Vyssotski en 1987 en Union soviétique, sous le label Melodia, puis en CD en 1988 en France, « Vlady/Vissotky » sous le label Le Chant du monde. Il réunit six titres interprétés par Marina Vlady et six par Vladimir Vyssotski (1938-1980), tous en russe. Il a été réédité plusieurs fois en vinyle en Union Soviétique puis en CD en Russie en 1996, 2003, 2006, et en 2007 en France, son succès ne s’étant pas démenti.
Catherine Marina de Poliakoff-Baïdaroff est née en France de parents immigrés russes, le chanteur d’Opéra Vladimir de Poliakoff et la danseuse étoile russe d’origine suédoise Militza Envald. Elle est la cadette des quatre filles Poliakoff, toutes actrices ou comédiennes, rebaptisées Olga Varen, Odile Versois et Hélène Vallier, la dernière qui était encore en vie. Son nom de scène est le diminutif du nom de son père, et il se trouve qu’elle épousera en troisièmes noces un autre Vladimir, Vyssotski, après Robert Hossein dont elle a deux fils, et Jean-Claude Brouillet, avec qui elle aura également un fils nommé Vladimir.
D’abord à l’Ecole de Danse de l’Opéra, elle est une actrice renommée dès les années 1950 à 1970. Inoubliable Princesse de Clèves dans le film de Jean Delannoy en 1961 adapté du classique de Madame de La Fayette méprisé par Nicolas Sarkozy*, elle tourne notamment pour Robert Hossein, Jean-Luc Godard (Deux ou trois choses que je sais d’elle), Marco Ferreri (L’Aîné des Ferchaux), Orson Welles (Falstaff) et Marco Ferreri (Le Lit conjugal, qui lui permet d’obtenir le Prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes en 1963). On la voit également aux côtés de Philippe Noiret dans Que la fête commence (Bertrand Tavernier, 1974) ou Marcello Mastroianni (Splendor, d’Ettore Scola, en 1989), puis dans des films plus littéraires ou engagés. Elle est également comédienne de théâtre ou de télévision (On se souvient de La chambre des Dames, d’après le roman de Jeanne Bourrin), et écrit treize livres dont Vladimir ou le vol arrêté, 1987, qui donne lieu à une adaptation théâtrale. Elle est Commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres, militante de gauche et féministe. Elle a vécu vingt-trois ans avec Léon Schwartzenberg jusqu’à sa mort en 2003.
En parallèle elle a mené une carrière de chanteuse en quatuor de chansons slaves avec ses sœurs, dans les années 60, en solo avec l’album sur les textes de Frank Thomas contenant le succès Le voleur de chevaux, puis avec Vladimir Vyssotski, il n’y a malheureusement pas d’enregistrement en duo. En 1981 elle enregistre également des Berceuses russes. La plus russe des comédiennes et chanteuses françaises vient de rejoindre le grand amour de sa vie, qui lui dédia cette Chanson lyrique en 1970 :
« Quel sera le jour et quelle sera l’heure / Où prudemment, tu viendras à moi ? / Je t’emporterai dans mes bras de voleur / Nul, à nous trouver, ne parviendra »
(traduction Michel & Robert Bedin.)
Les paroles et traductions sont issues du site Wyssotsky, véritable bible des chansons et poèmes de l’artiste traduites dans toutes les langues.
* en 2006

Commentaires récents