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La 3e dimension de Mickeyville

Il y a deux jours, devant deux salles archi-combles depuis des lustres, Mickey a lancé sa nouvelle tournée automnale dans son antre natale, à Montbrison, dans la Loire. Après une aventure solo (Mick est tout seul), Mickey 3d nous revient, différemment. Ce n’est plus un groupe, mais Mickaël Furnon avec des musiciens, avec un son de groupe. Son nouvel opus, La Grande Évasion, est depuis quelques jours dans les bacs et sur les ondes. Le papier qui suit remonte à mars 2003 : c’était déjà à Montbrison, au Centre culturel des Pénitents, déjà prélude à une tournée nationale. Ambiance en tous points identique à celle de ce week-end…

La photo correspond à cet article d'archives. Mickey 3d n'est plus que Mickaël Furnon (à gauche) avec des musiciens "à la demande". Ce qui n'enlève rien au talent de Mickey…

La photo correspond à cet article d'archives. Mickey 3d n'est plus que Mickaël Furnon (à gauche) avec des musiciens "à la demande". Ce qui n'enlève rien au talent de Mickey…

Les Pénitents pleins à craquer. Trois, quatre cents personnes hier soir, autant ce soir, c’est ici rare événement ! On s’en vient tant pour l’aubaine qu’est ce double concert que pour, comme jadis aux Compagnons du Tour de France, faire «la conduite» aux Mickeys qui partent de nouveau faire le leur, de tour de France. La ville-mère est aussi la ville du départ.
«On essaye de décoincer. On est un peu stress : y’a que des gens qu’on connaît dans la salle» : Mickey 3d entre en scène. Le public est effectivement d’amitié, de coin de rue, de compagnonnage. Raison de plus pour avoir les j’tons, fouetter grave. Après ce sera vacances, ou presque… Là c’est dur. Mais ça décolle vite. Depuis les premières notes, le public est debout. Et leur fait fête, même si le répertoire n’est pas des plus joyeux. Tu vas pas mourir de rire ont-ils dit. Dont acte : on ne rigole pas.
Il y a, dans ce groupe, une lucidité qui se fait rare dans la chanson, dans le rock. Qui retrouvent, par eux, dignité. Ce privilège de porter paroles devant des salles pleines, ils l’utilisent à bon escient, sans l’affadir de niaiseries, de romances à deux sous, à trois centimes d’euro. Quand Mickey chante Respire, vous n’avez pas une virgule à retrancher : c’est exact, pensé. Nos trois héros (quatre en formule concert) entonnent la fin des haricots sous tous les airs possibles. N’y cherchez pas une influence musicale précise : ils sont rap et folk, arabisants et rock. Tout est au service des messages qu’ils délivrent sur ce monde qui va finissant, sur le manque d’humanité… S’il fallait chercher un équivalent, en chanson, à Mickey 3d, c’est certainement vers Renaud qu’il faudrait se tourner : les textes ont la même précision, la même humilité, la même destination.
La tournée qui démarre par la ville-utérus sera, sans nul doute, aussi triomphale, plus même, que ces deux dates-là. Mickey 3d est un grand, un énorme groupe. Qui le prouve à l’aise.

On lira ici l’interview exclusive de Mickaël Furnon pour le fameux numéro 69 de Chorus, jamais paru.

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