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Anna Bosco et Jean-Louis Cadoré, la flamme au cœur

Anna Bosco et Jean-Louis Cadoré (photos)

Anna Bosco et Jean-Louis Cadoré (photos DR)

21 octobre 2016, la Cave aux artistes Aix-en-Provence,

 

Pas à vraiment parler un duo, ce soir là chez Richard et Fehti, à la Cave aux artistes. Plutôt une soirée entre amis chanteurs poètes et musiciens, où l’on se repasse le flambeau.

Anna Bosco est arrivée petite fille à Marseille, de Naples. Elle chante ses mots, la nostalgie de ses origines, ses souvenirs d’enfance où elle habitait, comme beaucoup d’italiens alors, dans le quartier du Panier. Au 9 rue de la Charité.  Duo ouvrant le concert avec beaucoup d’émotion, sur une musique de Jean-Louis Cadoré. Elle garde au cœur aussi des chansons italiennes, traditionnelles ou plus récentes. Le répertoire de Barbara qu’elle chante avec subtilité et sans effet excessif. Et ses propres créations, où elle conte avec finesse et humour les vicissitudes de l’amour, de la vie.

Une longue complicité unit les deux artistes depuis que Jean-Louis, arrivant à Marseille au début des années 2000, accompagna Anna à la guitare et retrouva l’envie d’écrire et de chanter. Comédien, chanteur, poète depuis ses jeunes années où il écrivait des textes noirs, révoltés, ésotériques, il est aussi musicien, guitariste et compositeur de belles mélodies, et utilise ses dons de conteur pour ses présentations. Il chante l’amour, le sexe, les femmes, la famille, la vie, sens et non-sens, ce qu’en font les loups que sont les hommes, dans une écriture originale, poétique, révoltée non dénuée d’humour. Il n’a pas son pareil pour évoquer les lieux de sa vie, du Paris de ses origines à Marseille qu’il brosse de quelques coups de pinceau, de la Corniche au David, réplique de celui de Florence, et jusqu’au Zoo de la Barben où les plus animaux ne sont pas ceux qu’on croit. Et ces hautes herbes du Jura, avec Ruffey sur Seille, qui lui inspirent des rimes à la Vasca, quand ivre s’enivre avec givre.

CADORE JL BOSCO Acave artistes 21 10 16Sa plume évocatrice fait surgir les images de ces Pensées des bois sur des rythmes brésiliens « Il n’est pas de cri sous la lune / Rien qu’un murmure dans l’humus / Une araignée velue et brune / Qui se délecte d’une puce ». De ses révoltes naissent des poèmes hardis bien servis par cette voix ample et chaude qui prend parfois des accents bréliens : « Qu’on me donne le pouvoir de pouvoir / Laisser ce monde en l’état / Le pouvoir de pouvoir / Faire que demain nos petits respirent encore / Les lilas les lilas les lilas les lilas ». Gardant malgré tout l’espoir de dessiner un monde heureux  « Jamais aux fontaines qui jouissent / Aucune femme n’a tremblé / Les mains qui tissent le maïs / S’éloignent loin des champs de blé (…) Je sens que nourrir les saisons / N’alimentera pas les ventres / Des petits morts en pâmoison / De l’Afrique que l’on éventre ».

Fidèle aux lieux comme aux gens, ce n’est pas par manque d’inspiration qu’il chante aussi les textes de ses amis, mais bien par une communauté de pensée et de sensibilité. L’inspiré Lampedusa de Nicolas Céléguègne ; en duo avec Anna La canzone de Marinella du regretté Fabrizio de André, la Plume délicate de Laurent Berger qui parfois perd sa rime, les cris de L’amour mène le monde d’Olivier Delau (« Les gens ne rêvent que d’ça / Car il n’y a que ça, que ça »). Ou, en solo, ceux de Je pense à toi de Gérard Salert : «  Je suiiiis à toi ».

Son ami le poète Jean-Paul Favier traduira cette force poétique en propulsant, sur le Bella Ciao chanté par Anna, ce magnifique texte de Léo Ferré, L’école de la poésie : « La poésie est une clameur. Elle doit être entendue comme la musique / Toute poésie destinée à n’être que lue et enfermée dans sa typographie n’est pas finie / Elle ne prend son sexe qu’avec la corde vocale / Tout comme le violon prend le sien avec l’archet qui le touche ».

 

La page facebook de Jean-Louis Cadoré, c’est ici ; celle d’Anna Bosco, c’est là. Ce que NosEnchanteurs a déjà dit de Jean Louis Cadoré et Anna Bosco, c’est là.

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Une réponse à Anna Bosco et Jean-Louis Cadoré, la flamme au cœur

  1. Catherine Laugier 3 novembre 2016 à 19 h 41 min

    On peut lire le texte complet de la Préface de Poètes Vos papiers de Léo Ferré (1956) par exemple ici : http://www.deljehier.levillage.org/textes/Ferre/preface.htm
    Le texte condensé lu par jean Paul Favier (dont est extrait la phrase citée) a été enregistré par Ferré en 1971

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