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Off Avignon 2018, Barjac 2018, Léopoldine HH, à cache-cache et à chat perché

Léopoldine HH à Barjac. Photo Anne-Marie Panigada

Léopoldine HH à Barjac (photo Anne-Marie Panigada)

Théâtre l’Arrache-Cœur, 8 juillet 2018 ; Chapiteau à Barjac, 2 août 2018,

 

Une longue file d’attente s’étirait au soleil devant l’Arrache-Coeur cet après-midi… Comment se fait-il que cette blonde alsacienne, natte tressée autour de la tête et n’hésitant pas à mêler des phrases, voire des compositions entières dans des langues pour beaucoup incompréhensibles, l’alsacien, l’allemand, voire un patois local, puisse drainer autant les foules ? Si encore nos écrans nous avaient inondés de publicités pour telle ou telle marque de choucroute ou de bière auxquelles elle aurait prêté sa silhouette…Ah, si, dans un autre monde elle fut finaliste de la Nouvelle Star 2014 !
Non, c’est bien à sa personnalité particulière, bien loin des icônes à la mode Rihanna ou Beyoncé que Leopoldine doit sa notoriété. Elle n’est pas non plus auteur, puisqu’elle emprunte les textes qu’elle met en musique à des écrivains ou poètes qui lui sont essentiels, tels Gildas Milin ou
Gwenaëlle Aubry…

La lauréate du Prix Moustaki 2017 pour son premier album (tant prix du Jury que du Public) n’a peur de rien. Ni de se promener, avec des chaussures à pompon roses, dans une robe noire au ras du bonbon qui ressemble plus à une barboteuse finalement qu’à une tenue sexy, ni de l’enlever en cours de route pour dévoiler un maillot alsacien rouge à pois blancs dont elle se fait femme-sandwich. Appétissante comme le/les bretzel(s) géant(s) -gonflables- qu’elle balade dans le public, mais nous contant son spleen, je suis « Zozo Lala », expression teutonne reprise par Topor pour exprimer un moral en dents de scie.

Ce spectacle est plus une performance qu’un concert à proprement parler, et Léopoldine tout autant comédienne, humoriste aux yeux brillants et innocents, compositrice parfois, que chanteuse à la voix déliée. Inclassable, vous dis-je, et pour une fois c’est la clé de son succès.

« Ne me demande pas ce que j’ai dans la tête / Si tu ouvres un bouquin tu me trouveras page 7 ». La première chanson résume tout Léopoldine, introduction en langue germanique, chœurs séraphiques des musiciens, humour et fleurs en pots (Blumen im topf) : « géraniuuuum ».
Elle vous guérira de vos maux aux genoux grâce à des comptines autotunées improbables invoquant des petits chats qui font caca sur vos bobos – si vous ne parlez-pas l’alsacien, on vous fera répéter une phrase à la sonorité voisine, « Allez allez grosse crevette… ».

Les textes de son auteur de théâtre favori Gildas Milin posent pourtant des questions métaphysiques « Etre unique et séparé n’est pas moins merveilleux qu’être infini », chantent Le garçon blessé où l’analyse psychologique, sur la si belle et émouvante musique de l’auteur, vire très vite à la parodie « Moi j’ai jamais aimé le goût de la bière » (il faut bien boire pour tout oublier). Comme si une étrange pudeur de sentiments empêchait Gildas, empêchait Léopoldine de s’exprimer sérieusement.

Maxime Kerzanet, Léopoldine et Charly Marty en concert en mai, photo DR

Maxime Kerzanet, Léopoldine et Charly Marty en concert en mai (photo DR)

De la longue quête de son père par Gwenaëlle Aubry elle extrait Personne : « Une vérité, la même peut-être que je cherchais », avant de s’éclipser, laissant à la charge de ses deux comédiens de musiciens, Maxime Kerzanet (le barbu) et Charly Marty (le grand moustachu au regard noir) le soin de « meubler » en bidouillant synthétiseurs (pour une musique réduite à sa plus simple expression, un La scotché qui lui permet de partir à son tour…) et percussions. Allers retours avec des guirlandes lumineuses, des banderoles, des shorts et des t-shirt scintillants.

Se cachant derrière des textes qui ne sont pas les siens même s’ils lui semblent parler d’elle, citant, voire invoquant ses auteurs et ses musiciens, s’abritant derrière un humour innocent loufoque et déjanté, dévoilant quelques uns de ses charmes en se gardant bien de tout montrer, Léopoldine révèle peu de son moi intime :« Je suis nue et je meurs », nous avoue-t-elle. Comédienne avant d’être chanteuse, l’avenir nous montrera si elle ose se mettre (moralement) à nu. En attendant, « La chanteuse elle va se lever, et danser de dos à vous (…) et mon bras se lever comme un soleil » pour interpréter en rappel la douce Ces années…Finissant déjantée devant un public ravi, pour ne pas déroger au principe.


Chanson décalée. Léopoldine a en projet un spectacle sur des textes de Gérard Manset. Elle sera à Saverne (67) au château de Rohan le 17 janvier 2019.

Le site de Leopoldine HH, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a dit de Léopoldine HH, c’est là.

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