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Vanille, Elodie Martelet : deux filles pour la chanson

Elodie Martelet, Vanille et Gabriel Ab. au Petit- Duc Photos Myriam Daups

Elodie Martelet, Vanille et Gabriel Ab. au Petit- Duc Photos Myriam Daups

31 janvier 2018, le Petit-Duc, Aix-en-Provence,

 

Double plateau jeune et féminin ce 31 janvier au Petit-Duc.

Nous n’avions écouté Vanille Favory que ponctuel-lement dans des reprises de ses artistes préférés, Piaf, Brel ou Nougaro, toujours très expressives et personnelles, ou dans des chorales de jazz, où sa voix tour à tour claire ou veloutée faisait merveille. Cette jeune femme de 23 ans a suivi une formation au Conservatoire d’Aix-en-Provence et s’est engagée au service de la Culture et du chant en service civique. C’est accompagnée de son cousin, le pianiste virtuose Gabriel Abbrugiati (1), qu’elle se présente devant nous pour son premier concert.

Très audacieux de la part de cette jeune artiste que de nous présenter d’emblée un récital d’une dizaine de titres de ses propres textes et compositions.
Les deux seules reprises sont des hommages, choisis parmi les œuvres les moins connues de leurs auteurs : Les mots de Claude Nougaro , enregistrée en public en 1991: « Les mots muets, les mots buée / Comme un baiser sur la glace / Les mots bouclés, clés de l’espace / Les mots oiseaux qui laissent des traces » et donnée en testament à David Linx dans sa Note bleue posthume. On voit tout de suite à quoi s’attache Vanille lorsqu’elle écrit.
Son amour pour le jazz ressort aussi dans la méconnue What are you doing the rest of your life ?, bande-son du film The Happy Ending, de Michel Legrand chantée en 1969 par Julie Andrews. Vanille n’hésitera pas à la reprendre a cappella, de sa voix de jazzwoman aérienne et profonde.

VANILLE Pt duc 31 01 M DaupsLe public a été impressionné par l’aisance avec laquelle elle a présenté chacune de ses chansons, les faisant vivre sobrement en les habitant telle une comédienne. D’un talent certain pour évoquer petites et grandes choses de la vie : l’avenir d’un enfant imaginé, petit ange dans le corps de sa mère jusqu’à l’envol final loin du cocon familial. La chaleur d’un Noël, Paillettes, chocolat et vin chaud, qui rend la vie plus dure à celui qui est dans la rue. Ou à voix douce, presque berceuse, le souvenir d’une amie disparue : « Moi c’que j’aimais, c’est quand elle fredonnait / Cet air là qu’elle chantait tout bas. »
Son sourire s’entend lorsqu’elle chante avec humour les travers de notre époque, du Cassoulet maison (en boîte !) à la course au « fric, le flouze, le pognon et l’oseille, le capital qui nous surveille ».
En rappel elle n’hésitera pas à se frotter à L’éternel féminin de Juliette, accompagnée avec brio par Gabriel dans un tourbillon de lumières rouges.
Il faudra compter avec la personnalité de Vanille, un sacré caractère sous la douceur de son physique
« Dieu est tellement belle, Ne vous y fiez pas, ça n’est qu’une allumeuse ! »


Le deuxième plateau est une jeune femme du même âge, qui a fréquenté le même lycée Aixois (option musique!), née pratiquement une guitare à la main, et dont les références sont plus folk-pop. S’étant taillé dans les rues d’Aix un vif succès en reprenant des standards, de sa voix juvénile, soul et légèrement voilée, au côté du percussionniste chevronné Mafa, elle s’est par la suite présentée au tremplin The Voice, se retirant en demi-finale. Elle a ensuite participé à la comédie musicale Résiste de France Gall tout en enregistrant son premier album, Affec-tueuse au titre significatif. La jeune femme co-écrit ses chansons avec Raphaël Da Silva (présent dans la salle) et compose avec ses musiciens. En concert depuis ses dix-huit ans, la jeune fille au look dynamique, fin et racé, coiffure courte et mèches bouclées, guitare à la main, pédale pour reproduire en boucle les sons, maîtrise déjà bien la scène.

MARTELET Elodie Pt Dc 31 01 19 M DaupsElle n’a pas son pareil pour faire participer un public conquis d’avance sur des textes faits pour faire sonner les mots « Tourner mal oh non » ou « Just take it easy », en rythmant ses chansons par sa guitare. Beaucoup de nouveaux textes sont ce soir testés en public, à cœur battant, à dents serrées « Tout va de travers maintenant, dans le poste de radio (…) Mais tout ira mieux demain ». La voix est convaincante, la musique crée des atmosphères sur des paroles qui se répètent. Des passages plus doux et mélodiques en arpèges de guitare « à l’encre de chine (…) je trace des lignes sur mon cœur » alternent avec des morceaux entraînants, faits pour faire réagir le public avec sa voix, son corps. Des ballades folks et des vocalises vibrantes traduisent des sentiments à l’émotion sincère : « Je n’irai pas sur cette ligne à grande vitesse / Y a que notre histoire qui m’intéresse ».

Les chansons se font plus personnelles, la voix en confidence dans un style émouvant qui fait penser à Clarika, ou en cri qui s’épanouit en liberté : « Prendre le temps d’écrire après les cris et le carnage », ou « Papa ne rentre pas ce soir ». D’un début de concert très pop on est passés insensiblement à un spectacle presque jazz, scatté avec cet amour est cerise : « Nous donnions le temps au temps de nous guider sous le vent ». Dernières notes sur une rencontre, une Mireille qui ne veut pas passer à côté. Nous non plus.

Deux styles bien différents pour nous dire que la chanson a encore de l’avenir devant elle…


(1) Gabriel est à la fois interprète virtuose de musique classique et original transposeur de Musiques de Jeux vidéos pour piano.

Le site de Vanille, c’est ici ; pour écouter Vanille, c’est là.  Le site d’Elodie Martelet, c’est ici.

La version originale des Mots par Nougaro.
Image de prévisualisation YouTube
Vidéo en concert d’un titre, Toi du dernier album d’Elodie Martelet, Affec-tueuse.Image de prévisualisation YouTube

 

 

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