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Dominique Bouchery, l’un des quatre « caisses »

Dominique Bouchery

Dominique Bouchery

C’est à Barjac, ce début août, qu’ils ont fait leurs adieux, après vingt-cinq ans de bons et superbes services rendus à la chanson. Eux, ce sont les Entre 2 Caisses, qu’on doit désormais conjuguer à l’imparfait. Et maintenant, que vont-ils faire, y a t’il une vie après les Caisses ? Que sont nos amis devenus ?

Pour Dominique Bouchery, la route est toute tracée. Il écrit et, toujours à l’accordéon, interprète ses chansons. Et se permet même d’écrire pour autrui, comme ce Comment découper une tarte en 17 parts égales, spectacle sur les mathématiques où l’interprète, Bruno Martins (un autre des Entre 2 Caisses, soit dit en passant), explore les maths de toute sa fantaisie.

Ce fut d’abord en duo sous le nom de L’Espoir Williams (encore une connotation un tantinet avinée), puis seul, que Bouchery s’est lancé depuis quelques années en parallèle d’Entre 2 Caisses. Avec dans sa besace un nouvel album solo, Chansons incurables, que NosEnchanteurs avait signalé mais pas chroniqué.

Entre 2 Caisses était, vous le savez, un quatuor d’interprètes : des chansons surgies du passé et d’autre tellement contemporaines qu’elles ont été écrites et composées rien que pour eux. Parmi lesquelles quelques chansons de l’un des quatre : Dominique Bouchery… Là, en solo, on va bien plus loin, on découvre le bonhomme…

ab67616d0000b273ec96e4d86d3abad24ce7e713Ce n’est pas que ses chansons soient longues, mais elle sont denses, lourdes de sens, toutes chargées des maux et autres tares de ce bas monde. Bouchery ne chante ni les pâquerettes ni les délices de l’amour ; bien au contraire, il promeut Le divorce : « Quand se fissure le ciment / Quand la pompe se désamorce / Pour s’offrir un bon ravalement / Un seul remède : le divorce ». Ses chansons ne sont que le reflet de l’actualité, sociétale, politique et guerrière (vue par l’utile prisme du pacifisme), commentée il va de soi par ce barde bardé de références, ce politologue des rimes, ce « Daniel Mermet de la chanson populaire ». Je n’ose vous dire qu’il écrit de la main gauche, vous l’aviez compris, avec toutefois un zeste d’anarchisme et, entre les dents, de vrais morceaux de bouffeur du curés. « Les regards de travers / M’ont fait rentrer sous terre / On m’a dit gentiment / Que je datais vraiment / Qu’aujourd’hui les idées / C’est désuet, démodé / Il n’est pas de bon ton / D’avoir des opinions ».

La filiation avec Entre 2 Caisses est d’une rare évidence, ne serait-ce qu’à travers ses vers : « Il vaut mieux lever le coude / Que baisser les bras ».

Si on en croit sa chanson Les tontons tutélaires, Bouchery a de qui tenir, question grands hommes et tontons préférés : Jean Giono, Pierre Desproges, Georges Brassens…

Dominique Bouchery tient la chanson pour ce qu’elle a toujours été, pas pour ce qu’elle est devenue : une gazette pertinente qui colporte les nouvelles, sans le filtre du politiquement-correct, et tente un décryptage, une première analyse matinée de bon sens. Qui porte en elle de vrais questionnements et suggère des réponses. Qui interpelle vos sens, non tente de les endormir comme ce qui sort de l’insipide robinet des grands médias. Je vous le dis, Bouchery est un chanteur d’utilité publique.

 

Dominique Bouchery, Chansons incurables, autoproduit. La page « Dominique Bouchery » sur le site « Voilà diffusion », c’est ici ; ce que NosEnchanteurs avait dit de L’Espoir Williams, c’est là.

« Lipton Yellow » (dans le cadre de L’Espoir Williams » : Image de prévisualisation YouTube

« Gentioux et Termignon » (dans le cadre d’Entre 2 Caisses) : Image de prévisualisation YouTube

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