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Pierre Perret au festin des Ogres

Pierre Perret et Les Ogres de Barback (photo David Bakhoum)

Pierre Perret et Les Ogres de Barback (photos David Bakhoum)

Voici LE tribute qui nous console de tous les autres, le seul qu’il nous faut vraiment, le seul fait avec amour, avec conviction, le seul qui ne sabote ni ne salit tout ou partie de l’œuvre d’origine. La différence d’avec les autres, c’est qu’il n’a pas été conçu par des têtes d’œuf ou de gondole, des directeurs de marketing, des chefs de produits de majors. On n’y teste pas les stars en devenir, on n’y recycle pas celles qui piétinent un peu, qui toussent, piaffant d’un second souffle tardant à venir, on n’y consacre pas des vedettes daignant, le temps d’une compile collective et sans âme, descendre de leur dérisoire piédestal pour bâcler un enregistrement qui tient plus du jeton de présence que de l’acte créatif. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’un travail sincère : que nos amis Les Ogres de Barback ont réuni et orchestré une tribu pour ce tribute à Pierre Perret et que ça fait toute la différence. Et que cette tribu est composée d’artistes à qui on ne propose jamais ce genre d’exercice, ou si peu. Voyez donc : Christian Olivier, Benoît Morel, Idir, Mouss et Akim, Olivia Ruiz (elle est coutumière du fait mais c’est toujours drôl’ment bien), Magyd Cherfi, François Morel, Didier Wampas, Lionel Suarez, Féfé, Alexis HK, Flavia Coelho, Loïc Lantoine… Tryo même, René Lacaille, Massilia Sound System. Et Les Ogres de Barback et Pierre Perret eux-mêmes, en personne.

Au-cafe-du-canalOn sait que la voix de Perret, soixante ans de carrière tout de même, tombe un peu dans ses chaussettes. Avant qu’il ne la perde, la chanson lui rend quand même un bien bel et mérité hommage, un mariage de compatibilité affective, pas de comptabilité effective.

Les quatre sœurs et frères Burguière – nos Ogres – font remonter la rencontre avec Perret il y a une trentaine d’années, dans l’auto-radio-cassette du Combi WW de leurs parents. Les vacances, un long voyage et une seule cassette : Pierre Perret qui tourne en boucle, ça dure tout le séjour et se prolonge dix ans. Les quatre devenus à leur tour chanteurs, ils rencontrent celui de Cuisse de mouche et du Tord-boyau, à qui ils reprennent Au Café du canal, l’offrant ainsi à une génération qui ne le connaît pas. Qu’ils offrent désormais un Perret XXL à leur jeune public est suite logique. On va peut-être, par eux, découvrir ce Perret en fait si mal connu, qui pour entrer dans de multiples cases n’entre au final dans aucune, que personne n’identifie comme le grand artiste qu’il est, grand auteur, grand mélodiste. Quand on a chanté Marcel, La porte de ta douche…, Y’a cinquante gosses dans l’escalier, La bête est revenue ou La Corinne, on a tout chanté, on a fait don de tout à la chanson. Pour le coup, savoir s’il a ou non fréquenté Léautaud ou Léotard, je m’en fous.

Avec Flavia Coelho

Avec Flavia Coelho

L’hommage est beau : il est sincère, cui-là. Des quinze titres, n’attendez pas de moi que j’en élise un. Tous nous foutent sur le cul, tous tirent sur le beau, sur les rires et les larmes. Des larmes de bonheur j’entends. La vivouza ou La petite Kurde, L’oiseau dans l’allée ou Je suis de Castelsarrasin, Celui d’Alice ou Fillette le bonheur c’est toujours pour demain… Ceux-là, les autres… Ce disque, au simple fait qu’il existe, qu’il vit, qu’il chante, devient l’une des pièces fondamentales de votre discothèque, ou alors ne me dites pas que vous aimez la chanson. Merci Perret, merci Les Ogres, merci toutes et tous !

Euh, dites… c’est quand le volume 2 ?

 

La tribu de Pierre Perret, Au Café du canal, Irfan (le label)/Adèle 2017. Le site de Pierre Perret, c’est ici ; celui des Ogres, c’est là. Ce que NosEnchanteurs a déjà dit de Pierre Perret, c’est ici.

 

CE QU’ILS EN DISENT

Morel_3« Il était une fois… un poète qui ne prenait pas la pose des poètes avec lavallière, grande écharpe et cheveux au vent… Celui-ci mélange la gaudriole et la délicatesse, la gauloiserie et le tact, la rigolade et l’élégance, la vraie, celle qui lui permet d’écrire une chanson sur le viol sans jamais prononcer le mot « viol ». Selon l’humeur, il se fend la poire ou nous fend le cœur, parfois les deux en même temps plutôt que dire le dégoût, la violence, la laideur du monde. Il choisit comme un enfant de faire la liste de tout ce qui rend la vie merveilleuse. Schubert, Van Gogh, Léautaud… Et la belle chanson quand elle est signée par un auteur de la trempe de Pierre Perret. » François Morel

6129297_1-0-591781537_1000x625« On ne rencontre pas Pierre Perret à la première écoute. A la première écoute, on est un enfant et on rit car de prime abord tout fait rire chez lui. Ses p’tits yeux frisotis, sa queue en trompette cochonne et le zizi qui suit. Et puis la rencontre se fait quand on ne rit plus. Il y a soudain un ciel plus large chargé des larmes des hommes que seul un sorcier décroche des nues. Aujourd’hui je ris encore et aujourd’hui je pleure encore de l’abîme qu’il sait creuser et des sommets qu’il escalade mon Pierrot pour trouver la langue des hommes qui fait la fraternité. Merci monsieur mon vieux poto, merci mon maître. » Magyd Cherfi

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3 Réponses à Pierre Perret au festin des Ogres

  1. Odile 20 octobre 2017 à 13 h 30 min

    En effet une belle tribu!
    Des chansons qui leur vont très bien…
    C’est presque mieux que moi, dit t’il avec un grand sourire!

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  2. Gallet 20 octobre 2017 à 21 h 17 min

    Viens d’acheter, sur ces conseils, ce CD… MAGNIFIQUES, ces chansons, qui explosent, que ces interprètes nous font redécouvrir, et nous restituent ici un auteur attachant.
    Du coup, en rachèterai un autre pour les enfants ! Du coup, LE disquaire de Limoges (Point show) m’a signalé le CD nouveau de Loïc Lantoine, en lien avec les Ogres… Vais l’écouter !

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  3. Pol de GROEVE 20 novembre 2017 à 22 h 12 min

    Ayé, me le suis offert et ai pu l’écouter. Ça dépote ! De l’inattendu, du Perret orchestré comme il ne l’a jamais été (« Tonton Cristobal » par les Massilia Sound System à la manière d’un bon vieux Mano Negra, ou « Le zizi » par Didier Wampas, on ne les avait jamais entendus de cette manière). Jouissif. Et moi j’ai quand même ma préférée : la belle reprise de la pas très connue « Mimi la douce » par Magyd Cherfi).

    Répondre

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