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Anne Sylvestre, t’en souviens-tu la scène… ?

30 novembre et 1er décembre, hommage à la Cigale à Paris, 

Merci Anne Sylvestre, La Cigale 2021 Photo BC Musique

Merci Anne Sylvestre, La Cigale 2021 Photos BC Musique

Assorti aux confortables fauteuils de velours écarlates, un gigantesque « A » rouge s’écartèle sur le rideau noir du fond de scène de la Cigale, cette salle si chaleureuse qui t’a accueillie tant et tant de fois, Anne, jusqu’à en devenir presque ta salle, ta maison, ton cocon, ton écrin.
Un « A » pour Amour. Pour Artiste. Pour Amitié. Pour Anne, tout simplement.
La salle se remplit petit à petit, et les images, les pensées, les souvenirs se bousculent en attendant le début du concert…

 Ce sont les soirées chaleureuses au Limonaire, cet irremplaçable bar à chansons de la cité Bergère, ta place, toujours la même sur la banquette, un peu en retrait près du bar, où l’équipe avait même placé une petite plaque à ton nom… 
C’est bien sûr ton inlassable curiosité envers les autres artistes, les jeunes, les débutants…
C’est ta si grande gentillesse lors de cet interview (tu aurais préféré « entrevue », je sais) pour le premier numéro de cette si belle revue Hexagone
C’est ce retour à l’hôtel sous les étoiles lors du festival DécOuvrir en Corrèze, après une soirée jusqu’au bout de la nuit où tu nous épuisais presque.
C’est ce concert que ton grand cœur nous avait littéralement offert lors du premier festival Monte le son dans les médiathèques parisiennes
Ce sont ces écoutes et ces débats passionnés au beau milieu de mon salon lors des sélections du tremplin du Centre de la Chanson
C’est cette inauguration de la plaque commémorative du cabaret le Cheval d’Or, que tu avais malicieusement dévoilée à sa place sous le nez médusé de ce pauvre Jean Tiberi…
Ce sont des souvenirs aussi de t’avoir vu râler dans la rue parce qu’un rescapé des Fabulettes se faisait un peu trop pressant à te faire part de son admiration…
Pour ça aussi, tu étais pas mal douée, faire la gueule, au point même d’en faire une chanson !

Merci Anne Sylvestre Affiche BC Musique Photo David Desreumaux

Merci Anne Sylvestre BC Musique Photo David Desreumaux

Ça y est, c’est l’heure, la salle est pleine, Anne, pour la deuxième soirée consécutive, mais aujourd’hui comme hier, il y a comme un truc qui cloche.
On t’attend, on t’espère, Anne, mais tu n’es pas là. Pas encore, en tout cas.
Mais quelque chose me dit que quelques ​amis sont là, en coulisses, pour essayer de pallier cette fâcheuse absence.
Et c’est l’entrée des musiciennes, tes musiciennes, Anne, et quelles musiciennes !  Isabelle Vuarnesson au violoncelle, Chloé Hamond aux clarinettes et Nathalie Miravette, la fidèle, la piquante, la primesautière Miravette que l’on ne présente plus et qui quittera provisoirement son piano à queue un peu plus tard dans la soirée pour une prestation haute en couleurs.

C’est une autre fidèle, l’immense Michèle Bernard, qui ouvre le bal avec ce petit bijou de tendresse et de poésie qu’est Le géranium.  Puis Anne Goscinny, venue raconter au travers d’un magnifique texte, la belle relation que ses parents entretenaient avec toi, au point donc de donner à leur fille le même prénom que le tien…   Au tour des garçons de te chanter : Gauvain Sers, Aldebert et Yves Jamait sont venus interpréter Les Gens qui doutent, ignorant sans doute ton avis sur ce titre pourtant incontournable de ta discographie : « Je n’en peux plus de cette chanson ! Tout le monde la reprend, comme si je n’avais rien écrit d’autre… » Notons que la moindre des choses lors d’un tel hommage serait de connaitre les paroles de la chanson que l’on reprend, mais bon.  Nous en reparlerons… 

C’est ensuite Agnès Bihl, autre fidèle entre les fidèles, bondissant sur scène pour pointer drôlement La faute à Ève, et enchainer sans sommations avec le magnifique Non, tu n’as pas de nom. Puis Michèle Bernard à nouveau pour un Lazare et Cécile tout en émotion et en retenue, venu nous rappeler à bon escient en cette si belle soirée que jamais l’on ne sépare ceux qui s’aiment simplement… Yves Jamait à son tour s’avance en scène, venu funambuler Sur un fil, uniquement accompagné de sa guitare électro-acoustique. Puis, il nous emmène à Tonnerre, sous le magnifique et poignant Kiosque à Baptiste, nous confiant en confidence que tu lui demandas un soir, au Forum Léo Ferré, d’en composer la musique qui manquait à cette chanson à fleur de mots…

SYLVESTRE Anne Hommage La cigale 2021 MC MusiqueTes trois musiciennes aux doigts d’or nous gratifient maintenant d’un instrumental cristallin dans une salle soudainement plongée dans la pénombre et inondée du sol au plafond de papillons tourbillonnants de lumière blanche, comme envolés de l’immense boule à facettes suspendue en manège vertigineux au-dessus des spectateurs. Ça t’aurait plu, Anne ! 

Aldebert tente alors la confrontation avec ta Gulliverte, toujours soucieux d’exactitude au point de ne pas quitter des yeux le texte fort peu dissimulé sur un pupitre. Ça t’aurait faire rire, peut-être, Anne.

Ah, je sais que tu les aimes bien Les Ogres de Barback qui investissent maintenant la scène !  Plus que jamais frangins-frangines, ils sont venus entonner la Java des Assediques, plus que jamais d’actualité. Les voilà rejoints par l’inamovible Francesca Solleville, autre frangine accompagnée par Nathalie Fortin, pour cette belle profession de foi qu’est Passeuse passerelle.  Et voici venu le moment de la Miravette en duo avec l’immarcescible Bernard Joyet, pour une hilarante version de Depuis l’temps que j’l'attends mon prince charmant, que tu immortalisas, avec Boby Lapointe, il y a quelques lurettes déjà… Maitre Joyet, impérial comme à son habitude, nous offre ensuite ce petit bijou qu’est Malentendu « Ils vieillirent sans y penser [...] Elle mourut à contrecœur ». Et les nôtres, de cœurs, de se serrer à ces mots, tes mots, Anne. À peine le temps de chercher Un mur pour pleurer que Gauvain Sers le trouve pour nous, trouvant par la même occasion les paroles de ta chanson disposées fort opportunément pile sous son nez (voir plus haut…).

Et puis, et puis, voici venir Juliette, autre frangine, LA Juliette, sans conteste en ton absence la patronne de cette magnifique soirée, Juliette qui s’est fort justement réservé deux titres que nulle autre qu’elle ne pouvait interpréter de façon aussi magistrale, Le lac Saint-Sébastien, témoin de la folie des hommes, et surtout, et aussi, ce monument incroyable qu’est Une sorcière comme les autres.  Sans conteste, un sommet de la soirée.

Voici que tout ce petit monde revient pour chanter ensemble Écrire pour ne pas mourir.

Quelques heures avant...

Quelques heures avant…

Tu ne sais pas quoi, Anne ? Presque tout le monde connaissait les paroles par cœur, cette fois-ci. Enfin, surtout Fred, des Ogres, Agnès Bihl et Michèle Bernard…  Ne manque à cet instant qu’un duo de rêve offert par Juliette et Michèle Bernard qui anticipent la fin du concert avec un flamboyant Après le théâtre, et ce avant un ultime titre collectif Comment je m’appelle.  Comment tu t’appelles, Anne, sois en sûre, c’est pas demain qu’on l’oubliera…

Ce salut de tous en scène est l’occasion enfin de remercier toutes celles et ceux qui ont permis ce très bel hommage, au premier rang desquels Clémence Chevreau, alias Mèche, dont la discrétion naturelle nous pardonnera de la mettre ainsi en lumière…

Ces mots sont pour toi, Anne, pour te dire qu’on t’a attendue, qu’on t’a espérée, mais qu’on ne regrette pas, parce que tu étais là quand même, et que tu n’as pas fini de l’être. 

Ces mots enfin pour te dire que l’on t’aime et que l’on n’a pas fini de t’aimer.

T’en souviens-tu, Anne, t’en souviens-tu… ?

 À relire l’interview de Mèche par Robert Migliorini pour Nos Enchanteurs.
Le Hall de la Chanson rend hommage à Anne Sylvestre à travers son spectacle musical « Les Eaux sauvages » du 26 novembre au 19 décembre (les vendredis et dimanches).

Le site officiel d’Anne Sylvestre c’est ici. Sa page facebook, là. Ce que NosEnchanteurs en a déjà dit, ici.

 

 

3 Réponses à Anne Sylvestre, t’en souviens-tu la scène… ?

  1. Anne-Laure 4 décembre 2021 à 20 h 26 min

    bonsoir

    merci de ce très bel article qui permet aux absents d’être un peu à La Cigale aussi, pour Anne que l’on a tant aimée…
    En l’honneur de cette amoureuse de notre belle langue serait-il possible de corriger les erreurs d’accords: attendue, espérée…
    Merci!
    Et encore bravo!
    Anne-Laure

    Répondre
  2. Camerlynck 4 décembre 2021 à 20 h 54 min

    Franchement je préfère un artiste musicien ou chanteur avec ses antisèches qu’un hésitant, savonnant, et ayant des trous de mémoires. On gère ses émotions comme on peu. Anne ne supportait pas que l’on change ses textes. Elle même utilisait parfois des antisèches, Francesca aussi maintenant, pourquoi reprocher à Gauvain de servir et respecter l’auteure avec le pense intelligent?

    Répondre
  3. Rétrolien Mèche : « Les chansons d’Anne Sylvestre sont devenues intemporelles » | NosEnchanteurs

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