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Off Avignon 2017 – Barjac 2017. Rue de la Belle Écume, leurs chansons courent encore…

Rue de la Belle Ecume à Avignon (photos Bernadette Thumerelle)

Rue de la Belle Ecume à Avignon (photos Bernadette Thumerelle)

« Rue de la Belle Ecume », spectacle musical, mercredi  26 juillet 2017 Théâtre le Rouge-Gorge, et Ouverture Barjac m’en chante, samedi 27 juillet 2017, 

 

Alors que commence samedi le festival de Barjac, c’est ce dimanche 30 juillet que finit celui d’Avignon, qui est aussi devenu le plus grand festival de chanson de l’été par le nombre de ses programmations, même si beaucoup de gens l’ignorent. Nous reviendrons sur les spectacles vus en fin de festival, mais je voudrais vous parler de Rue de la Belle Écume, un spectacle musical  qui résume à lui seul ce qu’est la chanson, non seulement pour ses adorateurs, mais pour tout humain lambda.

La chanson est intimement liée à la vie des gens, à leur histoire, à leurs sentiments, à leurs opinions. La chanson, c’est un concentré de mots, de sens, d’émotions, de musique et de rythme. C’est un scénario qui dure quelques minutes. Même en prenant de l’âge, même en étant atteint d’Alzheimer, on se souvient toujours des chansons de son enfance et de sa jeunesse, c’est le tissu même de notre vie. Et quand les artistes meurent, il reste leurs chansons. Souvent plus vivantes que les vieux films : on peut les habiter.

C’est justement l’idée géniale qu’a eu Christian Faviez : explorer l’imaginaire issu de l’écoute de chansons. Plutôt que de reprendre les chansons cultes de notre mémoire collective, même en les revisitant, il a préféré faire parler les héros, et beaucoup les héroïnes, en se mettant à leur place : que sont devenues Madeleine de Brel, Nathalie de Bécaud, la jolie môme, celle qui est toute nue sous son pull, de Ferré, et Paulette, chantée par Yves Montand, sur les chemins à bicyclette ? Toutes ces femmes, pas si fatales, ont elles un cœur, des regrets, des sentiments ? Et ces hommes, celui qui écrivait au Président, Le déserteur, le Légionnaire qui aima Piaf toute la nuit, le jeune amant de Dalida, Il venait d’avoir 18 ans, et ce garçon beau comme un dieu, objet du désir de l’homo, Comme ils disent, d’Aznavour ? Sont-ils des êtres impitoyables, inaccessibles à l’amour, ou tout le contraire. Je ne vous dévoilerai pas les chutes des chansons, toujours peu attendues : vous irez voir cela sur scène.

Viel Laurent tribune Rue de la Belle Ecume Off 2017Prennent aussi la parole le descendant du Gorille de Brassens (c’est un scoop, il a « La violence de Papa, et de Maman, l’intolérance », car le croiriez-vous, le juge était bien une femme…), l’Aigle noir de Barbara (Oh douceur imprévue de cet animal !) et La mer, personnifiée, dangereuse, de Trenet. Qui reprend ici sa personnalité d’auteur tragique, caché sous la fantaisie poétique.

C’est bien écrit, bien joué et chanté. Laurent Viel a le sourire pétillant, l’énergie débordante, sa voix est claire, avec cette infime cassure qui en fait le charme. Il a la présence d’un Brel ou d’un Aznavour, sans jamais être dans  l’imitation.  Emily Pello est l’essence de la féminité, avec une voix en charme et en puissance, une articulation d expressive. Séparément ou en duos, ce sont deux excellents chanteurs doublés de bons comédiens.

Dans une ambiance intemporelle entre 30 et 40, tourne le manège de la vie, avec ses joies et ses peines, le temps qui passe, émotions et humour (ah, la  revanche de Félicie, quand elle parle de son Fernand !). La musique de Philippe Frami, sous la direction de Roland Romanelli au piano et à l’accordéon,  avec Jeff Mignot à la guitare, achève de nous transporter. Les décors, sous la verrière de l’ancienne Imprimerie Aubanel, la  lumière (merci Jacques Rouveyrollis) tout en fait un bel hymne à la chanson que l’on défend.

Alors, quand Jean-Michel Bovy, le président de l’association Chant Libre, évoque les manquants à ce festival lors de la soirée d’ouverture, Barbara Weldens, dramatiquement arrachée aux siens et à son public, qui aurait dû être là, aux côtés d’Yves Jamait ce dimanche, et Jean Vasca, décédé en décembre 2016, que reste-t-il ?

Le poète, en l’occurrence Charles Trenet, l’a dit : « Longtemps après que les poètes ont disparu / Leurs chansons courent encore dans les rues ».

 

Le site de Rue de la BelleEcume, c’est ici ; la page facebook de Barjac m’enchante, c’est là.

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