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Y croire comme Jamait

Mon-TotemJe ne sais si vous connaissez cette chanson d’Allain Leprest, Tout dans le chapeau, qu’il avait offerte à Christopher Murray. Pareillement on a pu croire que Jamait c’était « tout dans la gapette » tant il ne la quittait jamais. Mais ça, c’était avant. Et c’était pas vrai. Prière donc de signaler l’indispensable élément de langage de ce nouvel album : Yves Jamait perd son couvre-chef, sa parure, son repère, sa casquette, son totem. A compter de la pochette de ce septième disque comme désormais en scène.

Rien ne change vraiment en ce nouvel opus : c’est simplement du bon Jamait, du très bon même. A l’écoute, on ne sait pas encore, tout au plus on le pressent, qu’il y a dans ces treize titres des futurs standards de l’artiste, parfait équilibre entre l’écoute sur disque et ce qu’ils deviendront en scène, portés par l’incandescence du chanteur, la ferveur de son public. Titres forts en alternance avec des chansons plus reposées, le chaud et le doux, même qualité d’écriture (convenons cependant que Si tu pouvais lorgne beaucoup, dans l’idée, sur le Même sans toi de 2011). Titres bons, très bons, mais qui souvent ressassent ses fondamentaux, comme dans ce Vivre avec toi : « Pour la beauté des illusions / Qui nous bercent chaque seconde / Pour ces secondes par millions / Et l’éternité qui les fonde / Pour t’avoir comme horizon / En perspective de ce monde / Je veux vivre avec toi… » Ceci dit, le thème de l’amour a beau avoir été exploré des millions de fois, Jamait est de ceux qui trouvent encore d’autres combinaisons pour l’écrire, le chanter.

Le premier titre tient de la profession de foi, sans dogme et sans pression, libre de croire ou pas. Foi en la vie, en son cœur « quand il est insensé » : « Je crois qu’on est tout seul / Qu’on n’y échappe pas ». Il pourrait sans mal devenir une sorte d’hymne païen, laïc. En tout cas un titre marquant sur ses futures scènes : « Je veux vivre / Etre libre / Libre de croire ou pas / Sans dogme sans pression / Je veux vivre / Etre libre ».

La chanson-titre pourrait faire partie du répertoire de Graeme Allwright, tiré d’un Cohen ou non, autoportrait joyeux et entrainant : « On dit que l’avenir n’appartient pas / A ceux qui se couchent le matin / Ou qui se lèvent tard / Foutu pour le fêtard / Serais-je plus heureux aujourd’hui / Si je n’avais pas dans la vie, laissé faire / Laissé faire ».

Quant au titre Le maillon, il rappelle la colère d’autres chansons du fameux De verre en vers des tout débuts. Médias, banquiers, consommation… : « Ça tempête dans ma tête / Je sens que je vais craquer / La chaine est trop éprouvée / S’il est rouillé, le maillon pète ». Là encore, ça devrait prendre fieffée allure en scène.

Mis à part Lavilliers (c’était il y a longtemps, il était un parfait inconnu) et Piaf (il y a plus longtemps encore), le club des repreneurs de Gaston Couté s’était limité à un cercle plutôt intime de la chanson (Pierron, Daraquy, Robine, Le petit crème…). C’est dire l’intérêt d’en trouver un ici, qui plus est un texte à notre connaissance pas encore mis en musique. Et ressemble à Jamait : « Dans vos yeux / Profonds comme des abîmes / J’ai souvent cherché des rimes / Aux lacs bleus et spacieux / Et comme en leurs eaux sereines / J’ai souvent noyé mes peines /Dans vos yeux… » Puisse Jamait apporter cet immense poète, anar paysan du début de l’autre siècle, une audience encore nouvelle.

Autre mets de choix, une chanson de Bernard Joyet, qui clôt cet album, Je ne vous dirai pas. Je ne vous en dirai rien d’autre, c’est du Joyet, du succulent, de l’exquis : écoutez-la, embrassez-la.

 

Jamait, Mon totem, Wlab 2018. Le site d’Yves Jamait, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là.

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2 Réponses à Y croire comme Jamait

  1. PÉRÈS Hélène 13 novembre 2018 à 9 h 38 min

    J’adore toutes ses chansons me font penser à une histoire Perso vécue je le suis depuis des années depuis quelques années je fais partie de son “ fan club “ mais je sais que depuis longtemps je ne reste jamais un jour sans écouter JAMAT… il m’aide à vaincre mes peurs contre la maladie mes doutes pour rester vivantes et m’aide à avancer un peu plus chaque jour ! En gros j’ai besoin de l’entendre voilà je suis ACRO à JAMAIT . Il fait parti de ma vie ! Merci au grand JAMAIT .,,, ❤️❤️❤️❤️

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  2. André Robert 14 novembre 2018 à 11 h 08 min

    Qu’on apprécie ou pas Yves Jamait on ne peut qu’être touché par le témoignage d’Hélène.
    Il montre – s’il en était encore besoin – que la chanson peut être utile à quelque chose. Utile, comme l’écrivait Etienne Roda Gil, même si c’était dans un autre contexte.

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