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Oreilles en pointe 2019. Miossec, tourments de Brest

Miossec à Firminy (photos Anny-Claude Durbet)

Miossec à Firminy (photos Anny-Claude Durbet)

16 novembre 2019, Le Firmament, Firminy,

 

Écrire sur Miossec est prendre un risque, celui de se cogner à ses fans, ceux qui, depuis Boire, en 1995, boivent ses mots d’une si délicieuse ivresse. J’avais renoncé à le chroniquer lors de son passage cet été à Antraigues, alors inaudible prestation qu’il nous fallait oublier. Tel n’est pas le cas, loin s’en faut, pour ce passage aux 29e Oreilles en pointe.

A croire l’intitulé de son récent et onzième album, Miossec est un des Rescapés. Rescapé de quoi, rescapé de tout, de ce monde fou, de ses élans surtout. Rescapé de l’alcool, on le sait. Être encore là c’est être rescapé, nous le sommes tous, certains plus que moins. « On meurt de rire / On meurt de faim / On meurt pour blessure à la guerre / On meurt au théâtre à la fin ». Rescapé de l’amour, aussi. A quelques titres près, toutes les chansons, ce soir encore, ne parleront peu ou prou que de ça. Tous suintent les sentiments, les déchirements, que charrie sa voix cassée, heurtée et douloureuse, « car tu es loin et moi je crève / de ne pouvoir te toucher ».

    DIMONÉ, IMPÉRIEUX ET IMPÉRIAL     Première partie avec notre ami Dimoné, dans une autre formation encore que celles qu'on lui connaît. En association de bienfaiteurs avec le groupe Kursed, qu'il tient pour son gang : quatre jeunes rockeurs déjà remarqués, qui n'ont guère à apprendre de leurs aînés que ce soit en terme d'efficacité que de sophistication. Des gamins presque, face à Dimoné, n'empêche que Dimoné semble être dans le lot et de loin le plus jeune des cinq. Et le plus fou, dans une invraisemblable chorégraphie de gestes et de sons, d'idées et de postures qui se bousculent dans une mécanique brillante. Et de vers, même si, en tendant l'oreille, nous n'en comprenons que quelques vers, n'en happions à la volée, à la bolée, que quelques mots, vaguement le contexte, le concept. Du son, du gros son même, terrible, magistral, impérieux, impérial ! Du grand Dimoné, au sommet de son art. Ou plutôt d'une partie de son art, lui qui exerce aussi dans la chanson, avec nombres d'artistes de chanson, des comme Nicolas Jules, Imbert Imbert et Roland Bourbon (dans Bancal Chéri), Askehoug, Maissiat et Thibaud Defever (dans Figure[s] imposée[s]), sur le répertoire de Bashung)… Là, il est dans sa bulle rock (dont je suis, reconnaissons-le, loin d'être spécialiste) qui pétille comme jamais et me semble ringardiser tous les soit-disant stars du genre.

DIMONÉ, IMPÉRIEUX ET IMPÉRIAL
Première partie avec l’ami Dimoné, dans une autre formation encore que celles qu’on lui connaît. En association de bienfaiteurs avec le groupe Kursed, qu’il tient pour son gang : quatre jeunes rockeurs déjà remarqués, qui n’ont guère à apprendre de leurs aînés que ce soit en terme d’efficacité que de sophistication. Des gamins presque, face à Dimoné, n’empêche que Dimoné semble être dans le lot et de loin le plus jeune des cinq. Et le plus fou, dans une invraisemblable chorégraphie de gestes et de sons, d’idées et de postures qui se bousculent dans une mécanique brillante. Et de vers, même si, en tendant l’oreille, nous n’en comprenons que quelques vers, n’en happions à la volée, à la bolée, que quelques mots, vaguement le contexte, le concept. Du son, du gros son même, terrible, magistral, impérieux, impérial ! Du grand Dimoné, au sommet de son art. Ou plutôt d’une partie de son art, lui qui exerce aussi dans la chanson, avec nombres d’artistes de chanson, des comme Nicolas Jules, Imbert Imbert et Roland Bourbon (dans Bancal Chéri), Askehoug, Maissiat et Thibaud Defever (dans Figure[s] imposée[s]), sur le répertoire de Bashung)… Là, il est dans sa bulle rock (dont je suis, reconnaissons-le, loin d’être spécialiste) qui pétille comme jamais et me semble ringardiser tous les soit-disant stars du genre.

Miossec est ce qu’il dit être : le chanteur du temps qui passe. Le sien, le nôtre, tant il est vrai qu’on fait chemin commun, cause commune, depuis si longtemps déjà. C’est dire si son chant baigne dans la mélancolie, le regret de ce qui fut et n’est plus : « ce que j’ai perdu m’appartient à jamais ». Comme la vie, comme la marche du monde, l’amour lui est souffrance : « Elle était de ces femmes qu’on embrasse sur les yeux / Dont on tombe sous le charme comme on tombe sous le feu », « Je m’en vais bien avant d’te décevoir / Je m’en vais bien avant de te trahir / Je n’ai aimé que toi, je t’embrasse jusqu’à en mourir ».

Nous sommes happés par ce chanteur d’une grande humilité, au visage presque caché par sa casquette, d’une simplicité qui fascine ou déconcerte. Par cette musique qu’on dirait répétitive mais ne l’est pas, rock mélodique, hypnotique dans les notes et les arguments, qui parfois porte en elle des sons d’ailleurs. Deux heures de délices par Miossec et ses trois complices de scène, quatuor solide et solidaire, efficace.

La vie, l’amour, la mort. Et tout l’bazar. Le Brestois termine sa prestation par la chanson qui donne le titre et le ton de son dernier album : « On n’a plus le temps d’attendre que l’orage soit passé / Nous sommes les rescapés ». Après les coups de tonnerre (de Brest, il va sans dire) de jadis, Miossec nous est retrouvé, le ciel breton certes toujours tourmenté mais apaisé, qui plonge loin dans nos émotions, même contradictoires. Miossec n’est est que plus encore attachant…

 

Le site de Miossec, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là.

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