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Marion Cousineau, les mots du cœur – Bleu comme Garance

Marion Cousineau à Venelles Photos Alain Withier

Marion Cousineau à Venelles Photos Alain Withier

2 octobre 2021, MJC Allain-Leprest, Venelles

Il faudrait rentrer dans cette chronique pieds nus, doucement, comme le fait Marion Cousineau quand elle vient sur scène. C’est tellement rare, elle nous attrape le cœur, à fleur de peau dès les premières secondes, dans son univers sensible tout en délicatesse  avec son fin sourire et ses yeux pétillants : Même pas peur.

N’allez pas croire pour autant que cette douceur est faible, oh non ! De cette femme nature, vêtue de noir mais façon sportwear, de cette femme aux pieds nus émane une puissance légère comme des ailes, celles que nous aurons tout à l’heure en sortant de salle… Je vous dévoile tout ? Vous n’avez encore rien entendu de la tendresse, et de la poésie immense que chacun de ses mots instille en nous.

Nous partons en voyage avec Léon, « le paysage défile » pendant que les pieds de Marion dansent joliment en rythme sur le sol, nous la suivons irrésistiblement emmenés sur Une histoire connue, celle de « deux étrangers / Que la vie a placé / pour une heure à côté » et qui se mettent à rêver, chacun sur sa banquette. Elle est comme ça, Marion Cousineau, elle nous donne l’impression de l’universel, que ce sont « à l’horizon des milliers d’âmes [qui] dorment » qui la passionnent : les gens, les autres qui, en respirant ensemble, offre aussi ce « Second souffle » et vont nous inspirer en retour. Le temps s’arrête dans la salle, moment suspendu à l’écoute de cette fine diseuse et de ses mots qui vont droit au cœur, « Rire, beaucoup, souvent, et ne prendre au sérieux / Que les choses anodines et les jours paresseux »

L’œil malicieux, elle passe avec autant de bonheur de la basse au clavier, en toute liberté grâce à son micro « visage », pour entonner Moi qui n’ai pas d’ailes, subtile mélancolie de la terrienne « J’ai vu des ciels si beaux  / Que parfois ça me hante / Quand repartent les oies / Encore une fois sans moi ». Nous reprenons les lala en chœur et, justement, c’est son école de la chanson qui est ensuite à l’honneur ! Vous voulez les trucs de son professeur, une femme extraordinaire, nous dit Marion ? Les voilà en refrain : « Vas-y doucement / Desserre juste un peu les dents  / Un pas à la fois, c’est ça  / Regard’ pas en bas ». Simple, pensez-vous ? Pourtant, « y a du boulot », nous dit Marion Cousineau, et on la croit volontiers, elle dont la présence et la belle aisance ont été aussi tout un cheminement avec les arts de la scène, depuis que la vie l’a emmenée de l’autre côté de l’océan pour rencontrer la chanson au Québec en 2011 (mais elle vient très souvent chanter en France, ouf !).

COUSINEAU Marion 2021 10 05 2 Venelles ©Alain WithierUn zeste d’accent donne une jolie densité à sa voix quand elle dit, quand elle conte : « Y a un trou là, au milieu / Non c’est pas un trou, c’est un nœud / Non c’est pas un nœud, c’est une brèche » et qu’on aurait envie d’en tatouer chaque mot au cœur pour s’en nourrir la vie durant, comme une source fraîche et joyeuse. Presque épurées, les notes balisent ses chansons sans les étouffer, en nous laissant toute latitude de savourer chaque mot de Je reviens « Faudra revenir encore  / A la même place, dans le même décor ». Puis percussions et bruitages viennent enrichir l’accompagnement en boucles subtiles « Ca s’joue à rien ce genre de choses / Quand on vit sa vie sur un fil / Il suffit d’un moment morose / Et tout ce qui est devient futile ».

Comment faire quand on est un clown déprimé et que faire rire n’est plus possible ? Passer le flambeau et léguer son nez à qui saura… Marion Cousineau est elle aussi une sacrée comédienne, tout en finesse, pour faire vivre son personnage sur scène Monsieur Langlois, tous les deux « clowns attendris [qui viennent] ramasser / Les cœurs cabossés / Leur coller des rustines » … ou faire exister sur scène ce livre de la librairie du Carré Saint-Louis, où elle se découvre quasi Misogyne, et que « dix-huit générations de femmes à genoux / C’est une bonne hérédité / Dix-huit générations de femmes à genoux / Ca te transmet le métier, dirons-nous » !

BLEU COMME GARANCE  Marion Cousineau, expert[e] en enfantillage, a su nous inventer un monde parallèle au surréalisme tendre, inattendu, où l'on ramasse des cœurs cabossés, en légères bulles de poésie.  Voici venir Garance, robe verte et escarpins, cheveux dans le dos, guitare plus grosse qu'elle, conter pour la première fois depuis le concert d'enregistrement de l'album Bleu, le quotidien d'une femme féminine et féministe, qui résiste, se bat, tombe et se relève. Assume son désir comme son indépendance et sa soif de tendresse, tasse de thé et divan, mer, montagne ou forêt. Un bleu qui se fait rêve ou blessure, bleu au corps, bleu à l'âme avec cette capacité  d'évocation, cette sincérité, dans l'audace comme dans la douceur. En compagnie de Daniel Jea à la guitare et Alex Viudes au clavier-percussions, se transformant en cours de route pour reprendre le maillot velours-jean de la saison d'Avignon, ils ont chanté rock et doux, devant une salle électrisée. Au rappel Garance a bien sûr fait revenir sa frangine Marion pour une co-interprétation tout en émotion des Gens qui doutent en hommage à leur frangine de cœur Anne Sylvestre.

BLEU COMME GARANCE
Marion Cousineau, expert[e] en enfantillage, a su nous inventer un monde parallèle au surréalisme tendre, inattendu, où l’on ramasse des cœurs cabossés, en légères bulles de poésie.
Voici venir Garance, robe verte et escarpins, cheveux dans le dos, guitare plus grosse qu’elle, conter pour la première fois depuis le concert d’enregistrement de l’album Bleu, le quotidien d’une femme féminine et féministe, qui résiste, se bat, tombe et se relève. Assume son désir comme son indépendance et sa soif de tendresse, tasse de thé et divan, mer, montagne ou forêt. Un bleu qui se fait rêve ou blessure, bleu au corps, bleu à l’âme avec cette capacité d’évocation, cette sincérité, dans l’audace comme dans la douceur. En compagnie de Daniel Jea à la guitare et Alex Viudes au clavier-percussions, se transformant en cours de route pour reprendre le maillot velours-jean de la saison d’Avignon, ils ont chanté rock et doux, devant une salle électrisée.
Au rappel Garance a bien sûr fait revenir sa frangine Marion pour une co-interprétation tout en émotion des Gens qui doutent en hommage à leur soeur de cœur Anne Sylvestre. Catherine LAUGIER

Mais que vient faire ensuite ici « Allain Leprest » ? C’est le nouveau nom de la salle de Venelles où nous sommes, alors nous aurons droit en hommage à ce grand chanteur à une magnifique interprétation de Sarment, que vous pourrez retrouver ci-dessous en vidéo.

La fin arrive bien trop rapidement pour cette première partie de Garance (dernière chronique ici), déjà l’heure de la dernière de ce concert hors temps : « Et si je pars le cœur léger / C’est simplement pour éviter / Que le bout que je t’ai laissé / Ne soit trop lourd à supporter ». Une délicatesse qui ressemble tellement à cette artiste, dans le Dire, dans le Chanté qui s’entremêlent sans s’emmêler, sans se gêner, avec une grâce qui est aussi le fil rouge d’un récital, en laissant tout simplement le cœur pantelant de bonheur…

T’sais quoi, au Québec, on tutoie facilement, on est ben plus direct qu’en France, alors Marion, « ma chouette » comme on dit là-bas aux gens qu’on aime, j’te dis juste « Bonjour » ! Un clin d’œil, parce que c’est l’au-revoir des Québécois, et parce qu’on a une seule envie après un concert de Marion Cousineau, c’est de laisser infuser les émotions, mais surtout d’en parler autour de soi et de la revoir très vite sur scène !

Anne LEFEBVRE

COUSINEAU 2019 EP TOROLe site de Marion Cousineau, c’est ici ; ses prochaines dates en France en janvier et février 2022, c’est là ; ce que NosEnchanteurs en a déjà dit, c’est là.

Demi-finaliste prix Georges Moustaki 2020 pour son album cinq titres auto-produit Toro, 2019. Une création d’art, un octogone qui s’ouvre comme une croix tréflée pour vous offrir le meilleur.
Son prochain album,
Nuances, sortira début 2022. 
Retrouvez aussi ses textes sur son livre Je trouverai le titre après…

 

« Moi qui n’ai pas d’ailes » (finale du Tremplin A nos chansons, Espace Culturel André Malraux au Kremlin Bicêtre)  Image de prévisualisation YouTube

« Sarment » (Allain Leprest/Gérard Pierron) à la MJC Venelles (Vidéo Alain WithierImage de prévisualisation YouTube

« Les gens qui doutent » (Anne Sylvestre) duo à la MJC Venelles (Vidéo Alain WithierImage de prévisualisation YouTube

 

 

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