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Concèze 2012 : Aliose, le zéphir et l’Alysé

Alizé Oswald (photos d’archives Athos99)

De duo, ils (Alizé Oswald et Xavier Michel) sont devenus quatuor, sans rien abdiquer à ce qu’ils sont, ajoutant juste quelques guitare, claviers et percussions (Maxime Steiner et Patrick Dufresne), nouvelles cordes à leur arc. Ainsi qu’un bien bel et second album, Le vent a tourné, sorti au printemps dans leur pays d’Helvétie, encore inconnu ailleurs. Duo en chanson est un exercice un peu casse-gueule, connoté de la pire variété, sirupeuse ritournelle pour chansons d’été, sans apprêts, sans avenir. Eux pas, même si aussi ils chantent l’amour, les sentiments. Mais pas que. Eux, c’est chanson d’émotion, à la belle architecture de textes, dentelle de mots, ciselée de rimes. Qui  explore certes la dramaturgie des coeurs mais va bien ailleurs, en d’autres contrées, dans la folie même, dans l’exclusion… C’est d’ailleurs là qu’on trouve le meilleur d’Aliose. Et le meilleur d’Aliose mérite du grand livre de la chanson. On savait ce bouleversant P.S. qui prend parti, lettres de prisons d’une rare sensibilité : on découvre ce titre sur un autre univers carcéral : « Mais je ne suis pas folle / J’ai donné mon âme au diable / Je suis seule / Les gens m’ont rendue coupable / Laissez-moi vous dire ce que je suis… » (voir notre vidéo d’archives ci-dessous). Même sur la scène étriquée et visuellement fade de Concèze, la folie d’Alizé est palpable, concrète, presque hallucinée : le moment est étrange, arraché au temps, hors du présent.

Xavier Michel

L’art d’Aliose s’inscrit dans une pop-song d’une infinie mélodie, où la basse s’unit sans heurts à la kanza. Si la chanson d’entrée en scène nous dit « On tourne en rond / On connaît la chanson » n’en croyez rien, ils nous mentent : ces romands participent à inventer la chanson, à la porter loin, fièrement mais sans prétention. Un set à Concèze est forcément concis, frustrant : trente minutes, guère plus. Pas assez sans doute pour totalement apprécier les artistes, en être repu, mais assez pour s’en faire une juste idée, pour se donner envie de les revoir ; qu’Aliose revienne ici et ailleurs, nous faire sa petite grande chanson. Il y a bientôt trois ans, NosEnchanteurs avait presque eu la primeur de ces helvètes-là : convenons qu’en peu de temps nos petits suisses sont devenus grands. Qui l’eut cru ?

Le site d’Aliose, c’est ici.

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Une réponse à Concèze 2012 : Aliose, le zéphir et l’Alysé

  1. Grosclaude 28 août 2012 à 16 h 26 min

    Magnifique article, qui vous émeut jusqu’en dans l’âme, tant il est le reflet de la réalité. Aliose c’est du tout grand talent. Je gage en entendre parler dans bien des années encore et j’espère que pas seulement en Suisse. Martinej

    Répondre

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